Ta Bouche est un Cendrier, tes Ongles de la Matière Calcinée .
Talons en Tubes, Jambes Cigarettes .
Tu titubes et Tombes en Cendres .





Je suis libre comme un oiseau, et putain, tout va bien par là-haut .



# Posté le dimanche 19 octobre 2008 09:01














MADEMOISELLE









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Elle ouvre avec douceur la fermeture éclaire de sa jupe-boule et fait glisser le long de ses cuisses le tissu râpeux de l'habit .
Le regard creux . Pas vide, non . Creux . Comme le trou laissé par une balle dans la poitrine d'un soldat, ou celui que découvre la déchirure de l'hymen ,
Elle délasse ses longues bottes de cuire, déboutonne son chemisier et dégrafe son collier de perles .

Pouls régulier, rythme cardiaque stable .

Une fois nue -dénuée de tout artifice, sans aucun ornement quelconque qui l'affilierait, aux yeux des autres, à un genre, un monde ou une catégorie-, elle s'assoie au coin du lit, passe ses doigts sur les draps, encore chauds et humides . Elle prend une profonde inspiration et se laisse tomber en arrière, son corps s'abat lourdement sur le matelas .
Allongée, les bras en croix, elle se met à chanter en yaourt cette mélodie pourtant si jolie .

Mélodie d'amour, ode au désespoir . Amour désespéré ou espoir du désamour .

Elle chante et puis elle crie, le regard cru . Cru comme la cuisse d'un poulet à peine déplumé et déjà près à être ébouillanté, cru comme la vérité criante qu'elle s'était elle-même appliquée à bâillonner .
Violence, exutoire à la pesante légèreté de la situation . Le cri, en réponse muette à ce silence criard .

Il lui faut une période d'adaptation, le temps de sortir de son personnage, de retirer son déguisement .
En dépit des apparences, sa virevoltante robe de Princesse était une armure épaisse .
Babioles en or, sourire Colgate, manières, Motus-et-bouche-cousue .
La robe est retournée au placard, mais le rôle lui colle encore à la peau .

Elle se retourne et roule, s'enivre du parfum des draps : mélange de sueur, de clope, de lessive et de bois usé .
Le regard cuit . Brulé par cette douleur froide, inerte, semblable au minuscule corps d'un oisillon, éclaté au sol parce qu'il avait voulu prendre son envol, sans penser à battre des ailes .

Un battement de cils et elle se ressaisit . Se redresse, du moins .
Elle va jusqu'à la vieille malle en fonte, posée au fond de la pièce, et en sort un costume sombre .
Haut-de-forme, manchettes, épaulettes et canne en hêtre : Mademoiselle est un Homme .
Terminée la complaisance dans le don d'affection et l'aisance avec le port de nichon,
la séquence est bouclée : "Coupez !" .

Elle s'est brulé les yeux .




Photogarphie : La sublime Agyness Deyn
# Posté le mercredi 10 septembre 2008 20:59
Modifié le mardi 16 septembre 2008 04:43

[Girl Anachronism, The Dresden Dolls]



LES CHIENS MORDENT MOINS FORT QUE MOI .


 [Girl Anachronism, The Dresden Dolls]
# Posté le lundi 25 août 2008 09:48

DIGNITE

DIGNITE
Elle me regardait droit dans les yeux et ça faisait lever ma queue . Son nez frollant le mien, son haleine tout contre ma joue . Mélange de clope et d'alcool . Elle se faisait désirer la catin car elle savait qu'elle se ferait berner . Pourtant elle s'est laissée prendre au jeu: dans les ruelles je la plaquais contre des murs sales, je l'embrassais à pleine bouche, nos dents s'entrechoquaient, nos salives se mélangeaient, nos corps ondulaient frénétiquement l'un contre l'autre dans une suave excitation . Une euphorie jubilatoire : jeu de cache-cache entre ma régulière et cette maîtresse d'une soirée . Embrasser l'une pour la forme et l'autre pour le fun . J'étais le maître .







# Posté le mercredi 25 juin 2008 14:32















OUAIS, JE TIRE SUR LA CORDE .
ENCORE ET ENCORE, INLASSABLEMENT .
LE PIRE C'EST QUE C'EST MOI QUE CA USE LE PLUS CES CONNERIES .
# Posté le lundi 02 juin 2008 14:21
Modifié le vendredi 20 juin 2008 14:20