Je vis dans un bocal d'algues tapit . Je broie du vert, ils broient du noir . Mon sang est de l'encre, je ne le nourris pas, c'est lui qui me fait vivre . Ceci n'est pas un pléonasme .
Elle tortillait sa mêches verte en buvant un thé . Son chemisier déboutonné, ses collants léopard troués, son visage très maquillé . Elle ne pensait pas et ne le voulais pas, elle avait le regard vitreu et passaient sous son nez des passants outrés, des passants charmés . Le teint pâle, les cheveux paille . Les lêvres roses . Le bracelet rouge . Les poumons noirs . Elle cligna des yeux, commenda un demi . Le ventre creu depuis le matin, le foie malade de la veille . Qu'importe la douleur, qu'importe le malaise : elle était heureuse d'avoir mal au crâne . Les personnes qu'elle voyait à peine était petits, gros ou laids . Déformés à souhait . Elle était défoncée et les pas sur le pavé résonnaient en elle comme des djembés . Il faisait chaud, elle avait soif . Elle le savait, elle était en Afrique .
Elle grattait de son ongle court le jean de son pantalon . La jambe longue et fine, le doigt blanc et osseu . Elle fixait, comme envoutée, le marbre de son café . Ses cheveux plus bruns encore, plus fins aussi, volaient au vent . Et de sa bouche pulpeuse, la comissure relevée ne laissait deviner si elle souriait ou grimaçais, ou bien même si elle pensait . Elle frissona à un coup de vent et se dessinèrent sous son pull deux tétons . Sur ses petits seins . Elle n'avait pas pris la peine de noircir au crayon ses yeux rougis par l'alcool . Elle était ailleur, elle avait fumé et voyait le monde en taches colorées . Des pupilles roses, mauves et dorées croisaient sont regard . A la terrasse de ce café, dans cette rue très fréquentée, elle se sentait libre de rêver .
Elle éternua d'une voix enfantine . Ses yeux verts au maquillage presque effacé par la nuit se fermèrent une fraction de seconde . Le cheveux roux filasse, la frange ébouriffée . Elle était sale et fatiguée . Le pantalon taché et la poitrine presque sortie de son décolleté . Elle jouait avec sa Doc Martens . Elle semblait en être très interressée . Le lacet défait, la peinture âbimée . Déshydratée, elle commenda un troisième thé . Elle avait mal, mais où ? Comme chaque lendemain . Elle touchait son ventre gonflé par la boisson de la veille et lui fît la morale . Le faible . Elle écrasait sa cigarette, grifonnait sur sa serviette en papier recyclé des visages souriants ou mécontants . Elle croyait les voir bouger, s'enfuir en courant sur les pavés .
Elle est avec nous les bons soirs et les mauvais matins et c'est pour ça que c'est elle .